La réhabilitation de nos ponts et viaducs passe-t-elle par l’aluminium?

C’est la question qui a été lancée, le 14 novembre dernier, à l’occasion de la parution d’une étude du Dr Scott Walbridge (Université de Waterloo) et d’Alexandre de la Chevrotière (MAADI Group), réalisée à la demande de l’Association de l’aluminium du Canada.

Passant en revue les forces et faiblesses de l’aluminium, les auteurs de l’étude ont conclu que l’aluminium peut servir d’élément structural primaire pour de nouvelles constructions de tabliers de ponts, de poutres maîtresses, d’entretoises et de systèmes de contreventements.

« Les avantages des alliages d’aluminium sont leur faible poids propre, leur haute résistance à la corrosion et leur extradurabilité, sans compter leur esthétique, ont commenté les auteurs de l’étude. Les meilleurs domaines d’application de l’aluminium sont ceux qui peuvent exploiter ces avantages de façon optimale. »

Messieurs Walbridge et de la Chevrotière font remarquer que ces caractéristiques ont déjà contribué à une percée de l’aluminium dans la réalisation de travaux sur des ponts existants, notamment pour le remplacement de tabliers ou leur élargissement ou, encore, pour des éléments structuraux secondaires comme l’ajout d’un passage piétonnier ou d’une piste cyclable, des lampadaires, des structures supportant les panneaux de signalisation et les dispositifs de retenue.

Invitation aux acteurs des grands travaux
« L’aluminium est utilisé depuis 80 ans dans la construction de ponts routiers, rappelle Jean Simard, le président–directeur général de l’AAC. C’est à Pittsburgh, en 1933, qu’on a songé la première fois à l’aluminium pour remplacer un tablier de pont. C’est toutefois au Québec, à Saguenay, que se retrouve le plus long pont en aluminium au monde – le pont Arvida – érigé en… 1950. Malgré les qualités démontrées depuis par le matériau, l’aluminium demeure encore fortement sous-utilisé dans les grands projets d’infrastructures de ponts routiers et de viaducs.

« Nous invitons donc les architectes, les ingénieurs et l’État à considérer avec plus d’intérêt l’option de l’aluminium pour les grands projets de rénovation qui prendront place au Québec au cours de la prochaine décennie. On doit aussi prendre en considération les économies que permet de réaliser l’aluminium au chapitre de l’entretien des structures. »

Dans leur étude, les deux ingénieurs ont constaté que les applications les plus fréquentes de l’aluminium portent sur le remplacement de tabliers existants, la construction de passerelles piétonnes, de ponts levants et à bascule, de ponts flottants et de ponts temporaires. Ils signalent que plusieurs projets ont prouvé la faisabilité de construire un pont routier tout aluminium.

Ils pointent quelques faiblesses ou désavantages du matériau, notamment son faible module d’élasticité, sa résistance moindre à la fatigue que l’acier traditionnel et son coût initial élevé. Messieurs Walbridge et de la Chevrotière notent néanmoins que ces inconvénients peuvent être largement compensés, notamment au niveau de la conception, du recours à différentes techniques de soudage et par un choix du matériau selon une analyse des coûts portant sur l’ensemble de la durée de vie de l’ouvrage.

L’étude complète peut être consultée ici.

Articles parus:
Pourquoi pas un pont Champlain en aluminium? (La Presse)

Des ponts en aluminium au Québec? (TVA Nouvelles, Journal de Montréal, Argent et Canoë)

Réparation des ponts: l’aluminium pour économiser gros à long terme (Le Soleil)

Changer les règles des contrats publics (Journal 24 heures)

Ponts et viaducs: l’aluminium demeure un matériau sous-utilisé (Courrier du Sud)

Ponts routiers et piétonniers – L’aluminium, une option à considérer (Constructo)