Don historique: la Fondation Courtois verse 159 M$ à l’Université de Montréal pour accélérer la découverte de nouveaux matériaux

Il s’agit du don le plus important jamais accordé en sciences naturelles au Canada. Il permettra à des chercheurs en chimie, en physique, en informatique et en recherche opérationnelle de résoudre les plus grands défis scientifiques, économiques, environnementaux et sociaux de notre époque.   

Une centaine de personnes étaient présentes lors de l’annonce de ce don au Complexe des sciences de Montréal. Parmi elles, on retrouve: Frédéric Bouchard, Danielle McCann, Jacques E. Courtois, Daniel Jutras et Andreea-Ruxandra Schmitzer (première rangée) , ainsi que Rachel Bendayan, Luc Rabouin, Audrey Laventure et Frantz Saintellemy (deuxième rangée). (Crédit photo: Amélie Philibert)

La Fondation Courtois et l’Université de Montréal ont annoncé le 19 avril dernier un don d’une ampleur inédite : 159 M$ pour la recherche en sciences naturelles. « Ce financement confirme la place de l’Université de Montréal parmi les plus grandes universités de recherche au pays et fait du Canada un joueur capable de rivaliser avec les autres nations sur la scène internationale en sciences naturelles. Le domaine des matériaux de pointe est crucial pour la stratégie d’innovation verte dont nous avons collectivement besoin pour faire face aux défis de notre époque. Nous nous donnons aujourd’hui les moyens de contribuer fortement aux solutions d’avenir grâce aux avancées scientifiques qui seront faites ici, à Montréal », a souligné le recteur de l’Université, Daniel Jutras.

Le don servira à créer l’Institut Courtois, qui favorisera une recherche libre et ambitieuse sur les propriétés de la matière en dotant les équipes de haut niveau d’installations de pointe. Cet institut d’avant-garde a été imaginé par une équipe interdisciplinaire qui a comme objectif de mettre à profit les progrès récents en intelligence artificielle et en robotique pour accélérer la découverte, l’élaboration et la caractérisation de nouveaux matériaux.

« En investissant dans la recherche fondamentale et en soutenant la relève scientifique, nous satisfaisons à un besoin inné d’explorer qui élève toute l’humanité. Nous répondons aussi à des préoccupations plus immédiates comme le besoin d’assurer notre souveraineté technologique. Rappelons-nous que ce sont les sociétés qui ont été les plus actives en science fondamentale qui ont joui d’une plus grande prospérité économique », a déclaré Jacques Courtois, président de la Fondation Courtois.

Transformer la science
Créer des batteries plus vertes, améliorer la fonctionnalité des objets imprimés en 3D ou trouver des options de remplacement aux minerais polluants à extraire font partie des recherches qui seront menées à l’Institut Courtois. « Grâce à l’apprentissage profond, l’utilisation de robots dans le processus d’expérimentation et l’évolution de la puissance de calcul, des avancées majeures sur la compréhension et les usages de la matière deviendront possibles. Ce don nous permettra de changer la façon dont la science se fait », a expliqué Frédéric Bouchard, doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Cette accélération dépend du développement et du maillage d’expertises d’envergure dans ces domaines émergents que sont les nouveaux matériaux, la chimie, la physique, l’informatique quantique et l’intelligence artificielle, domaines pour lesquels l’Université de Montréal est déjà reconnue à l’échelle mondiale.

L’Institut Courtois est actuellement logé au Complexe des sciences du campus MIL. Grâce au don de la Fondation Courtois, une nouvelle aile pourra être construite au Complexe des sciences pour y accueillir les nouveaux laboratoires lorsque le projet aura obtenu toutes les autorisations gouvernementales requises. Cette aile s’ajoutera à celle qui était déjà prévue pour les départements d’informatique et de recherche opérationnelle ainsi que de mathématiques et de statistique. Cet environnement innovant permettra aux scientifiques d’avoir accès aux meilleures installations de recherche disponibles et d’échanger avec des talents de tous les horizons scientifiques.

Les laboratoires de demain
Ce projet d’envergure a été imaginé par des chercheurs établis et de la relève, notamment Mickaël Dollé, Audrey Laventure, Richard Martel, André Charette et Andreea-Ruxandra Schmitzer, du Département de chimie; William Witczak-Krempa, Luc Stafford et Philippe St-Jean, du Département de physique; et Yoshua Bengio, Gilles Brassard et Glen Berseth, du Département d’informatique et de recherche opérationnelle. Elles auront notamment accès à des laboratoires de nouvelle génération avec un soutien technique, robotique et informatique de haute performance. La capacité de calcul étant fondamentale, des supercalculateurs capables de traiter des problèmes complexes ou d’utiliser de grands volumes de données seront accessibles en tout temps aux spécialistes et aux étudiants et étudiantes.

L’Institut Courtois sera aussi un lieu de prédilection pour former de nouvelles générations de chercheuses et chercheurs et des professionnelles et professionnels qualifiés. « Ce don leur offrira la liberté d’expérimenter et de s’attaquer aux défis les plus complexes. Ce type d’environnement, qui encourage la prise de risques et l’innovation, est propice aux découvertes et c’est extrêmement stimulant d’en faire partie », a déclaré Audrey Laventure, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les matériaux polymères fonctionnels.

À propos de l’Institut Courtois
L’Institut Courtois est né d’une idée simple: transformer la recherche scientifique en privilégiant la recherche fondamentale non orientée et en la dotant d’infrastructures de pointe. À l’intersection des nouveaux matériaux, de la physique quantique et de l’intelligence artificielle, l’Institut Courtois explore les frontières de la matière en rapprochant les toutes dernières avancées de l’informatique des chercheurs en chimie et en physique. Logé au campus MIL, l’Institut Courtois fait partie de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. institut-courtois.umontreal.ca

À propos de l’Université de Montréal
Montréalaise par ses racines, internationale par vocation, l’Université de Montréal compte parmi les meilleures universités au monde. Elle se classe au 73e rang du classement du Times Higher Education. Elle a été fondée en 1878 et forme aujourd’hui avec ses deux écoles affiliées, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, le premier pôle d’enseignement supérieur et de recherche du Québec et l’un des plus importants en Amérique du Nord. L’Université de Montréal réunit plus de 2300 professeurs et chercheurs et accueille près de 70 000 étudiants. umontreal.ca

Le site Ce climat n’existe pas propose une expérience empathique aux utilisateurs

Imaginer le futur climatique dans son propre quartier (ou partout ailleurs) grâce à l’intelligence artificielle

Préoccupée par la multiplication des catastrophes naturelles, une équipe de chercheurs en intelligence artificielle de Mila lance un site Web pour visualiser les impacts des changements climatiques sur n’importe quelle adresse sur la planète.

Créer sa propre simulation
Le site Ce climat n’existe pas invite les utilisateurs à se projeter dans des environnements modifiés par une des occurrences des changements climatiques. De quoi aurait l’air un lieu s’il était touché par une inondation, un feu de forêt ou le smog ? Grâce à un algorithme complexe, le site génère un filtre réaliste de l’effet des changements climatiques sur cet endroit, à partir de Google StreetView. L’expérience de projection que vivent les utilisateurs leur fait prendre conscience des scénarios possibles si l’inaction climatique demeure le réflexe global.

« Si rien n’est fait très rapidement, on prévoit des dérèglements climatiques majeurs. En montrant des images de l’impact des changements climatiques sur les lieux qui nous sont chers, le site rend les risques qui nous guettent beaucoup plus concrets. Nous espérons que cela suscitera chez les citoyens une envie d’agir pour éviter que les pires scénarios se produisent », a expliqué Yoshua Bengio, directeur scientifique de Mila et superviseur des travaux des chercheurs derrière le projet Ce climat n’existe pas.

Le site utilise une classe d’algorithmes conçue par des chercheurs de Mila : les « réseaux antagonistes génératifs ». Ces algorithmes permettent de générer des images avec un haut degré de réalisme. L’intelligence artificielle se met donc au service de la sensibilisation à cet enjeu générationnel que sont les changements climatiques.

Ce projet est l’aboutissement de deux ans de travail et a mobilisé une trentaine de spécialistes et de collaborateurs, dont les trois chercheurs principaux, Sasha Luccioni, Victor Schmidt et Alex Hernandez-Garcia, sous la direction de Yoshua Bengio. Il a été rendu possible grâce à des contributions financières et technologiques de National Geographic Society, Microsoft, BCG Gamma et Borealis AI. L’équipe remercie également l’Université de Montréal, Google et Climate Outreach pour leur soutien.

L’intelligence artificielle, au service de l’humanité et de l’environnement        
Le projet a été réalisé dans le cadre du pôle IA pour l’humanité de Mila, qui vise à contribuer au dialogue social et au développement d’applications d’intelligence artificielle bénéfiques pour la société. Parmi les autres projets de ce pôle, on retrouve entre autres la recherche de molécules pour contribuer à la mise au point de nouveaux médicaments (LambdaZero) et une initiative pour lutter contre le trafic des personnes au Canada. Tous ces projets sont développés en mode « science ouverte » (open science) : les modèles et outils utilisés sont donc gratuits et en libre accès.

À propos de Mila
Fondé par le professeur Yoshua Bengio de l’Université de Montréal, Mila est un institut de recherche en intelligence artificielle qui rassemble plus de 700 chercheurs spécialisés en apprentissage automatique et en apprentissage en profondeur. Basé à Montréal, Mila a pour mission d’être un centre mondial pour les avancées scientifiques qui inspirent l’innovation et le développement de l’IA au profit de tous. Mila est un organisme à but non lucratif reconnu dans le monde entier pour ses contributions importantes dans le domaine de l’apprentissage en profondeur, en particulier dans la modélisation linguistique, la traduction automatique, la reconnaissance d’objets et les modèles génératifs. Pour en savoir plus, visitez mila.quebec.

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Source:
Mila

Renseignements et demandes d’entrevue :
Exergue Communications
514 524-7348