Des publicitaires lancent le Manifeste pour une nouvelle éthique en publicité numérique

Bandeau du Manifeste

Alors que les scandales se multiplient à l’échelle internationale et que l’industrie de la publicité numérique est accusée de manquer de transparence, des professionnels québécois ont lancé le 13 septembre dernier le Manifeste pour une nouvelle éthique en publicité numérique, soit un ensemble de 10 principes clés pour encourager des pratiques plus responsables face aux annonceurs.

En publicité numérique, les pratiques non transparentes sont malheureusement souvent la norme. Il règne sur ce marché un flou et les annonceurs naviguent dans une zone grise. La complexité de la chaîne de valeur numérique rend la transparence ardue. Il peut, en effet, y avoir une vingtaine d’intermédiaires entre l’annonceur et les consommateurs. L’argent investi est alors difficile à retracer.

Pratiques frauduleuses
Dans une étude commandée par The Association of National Advertisers, on apprenait que des agences publicitaires obtenaient des ristournes (pouvant aller de 1,67 à 20 % des achats médias), des bénéfices qui n’étaient pas transférés à leurs clients. D’autres ont également gonflé artificiellement des factures pour des services non fournis. Récemment, les médias rapportaient que certaines d’entres elles préféraient même verser plusieurs millions de dollars en règlements à l’amiable à leurs clients plutôt que de divulguer leurs ententes secrètes.

En publicité programmatique, en particulier, la situation est à surveiller de près. En effet, en raison de sa complexité, la publicité programmatique est pour le moment un domaine réservé aux initiés. Cependant, cette branche de la publicité numérique est en pleine croissance. Plus de 66 % des achats médias numériques sont désormais effectués de cette manière et la tendance ira en s’intensifiant.

Les initiateurs du Manifeste. De gauche à droite: William Lasserre, Jonathan Nicolas et Benoît Pierre Delorme. (Crédit photo: Martin Flamand)

L’industrie du média à la dérive
Jonathan Nicolas, fondateur de GLO, fait partie de ces professionnels de l’industrie qui croient en l’importance d’adopter rapidement des pratiques plus éthiques : « Les rapports et articles de presse se multiplient pour dénoncer l’absence de transparence, les conflits d’intérêts, les méthodes de rémunération controversées et autres pratiques d’affaires douteuses. Nous croyons qu’il est primordial pour les annonceurs canadiens et québécois d’aborder ces enjeux de front. Nous ne pouvons rester les bras croisés face à la situation. Il y a urgence d’agir pour rétablir la confiance », a-t-il déclaré lors de sa participation à Plateforme(s) – Le Sommet québécois des médias à titre de formateur. « De notre côté, nous choisissons de nous engager activement en adoptant des principes clairs et fermes, et nous encourageons tous les autres à en faire autant. »

En compagnie de William Lasserre et Benoît Pierre Delorme, il invite fortement ses confrères professionnels à adopter les 10 principes du Manifeste pour une nouvelle éthique en publicité numérique, abordant les enjeux liés à la rémunération, la propriété des données, le transfert des connaissances et les conflits d’intérêts. Dans cette même optique, l’équipe de GLO met à la disposition de tous une bibliothèque de documents gratuits sur son site Web, contenant des rapports, guides, outils légaux et contractuels, etc.

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Exergue s’est occupé des relations médias lors du lancement de ce Manifeste. Jonathan Nicolas a ainsi accordé des entrevues au Devoir et à La Presse. Consultez aussi l’article paru dans le Grenier aux nouvelles, la chronique de CIBL et l’entrevue du 91,3 FM.

Pour en savoir plus sur le sujet :